Chargement en cours...

Dans votre salle

Du 21 février au 27 février 2018

critiques:"Jusqu'à la garde" est une expérience intense qui nous épuise, nous bouscule, nous émeut et nous transforme. Il est aussi la preuve qu'une vraie nouvelle scène existe en France, qu'il faut s'y pencher urgemment pour lui donner les moyens de s'exprimer et d'évoluer. Merci Monsieur Legrand pour ce petit bijou noir qui nous hantera pendant encore un moment.(Ecran Large)

secrets de tournage:

La peur à l'origine du film

Comme dans son court-métrage, ,Avant que de tout perdre,Xavier Legrand aborde dans Jusqu’à la Garde la violence conjugale, en mettant le spectateur sous tension. Le metteur en scène explique : "La peur est à l'origine de Jusqu'à La Garde. La peur que suscite un homme prêt à tout pour retrouver la femme qui veut se séparer de lui et fuir son extrême violence. Le personnage d'Antoine, interprété par Denis Ménochet, est une menace permanente pour ses proches. Il met son entourage sous tension, il n'entend que sa douleur, il est prêt à manipuler quiconque, y compris ses enfants. Les femmes qui ont subi des violences conjugales, comme celle jouée par Léa Drucker, sont tout le temps en alerte, elles savent que le danger peut surgir de n'importe où, n'importe quand, et n'épargner personne."

Un sujet tabou

En France, une femme meurt tous les deux jours et demi des suites de ces violences, et même si les médias en parlent, le sujet reste tabou comme nous l'explique Xavier Legrand. "Les victimes ont peur de se confier, les voisins et les proches ne disent rien, ils ne veulent pas s'immiscer dans un couple, une histoire privée. Le secret reste lourd. Je ne voulais pas en parler à la manière d'un dossier d'actualité. Comme dans Avant que de tout perdre, je désirais sensibiliser le public à ce drame en le traitant avec les armes du cinéma qui me passionne depuis toujours, celui d'Hitchcock, d'Haneke ou de Chabrol, un cinéma qui fait participer le spectateur en jouant avec son intelligence et avec ses nerfs."

Travail de documentation

Avant de concevoir Jusqu’à la Garde,  Xavier Legrand s'est beaucoup documenté : le réalisateur a ainsi fait des investigations auprès d’une juge aux affaires familiales, interrogé des avocats, des policiers, des travailleurs sociaux et même des groupes de parole d'hommes violents.

"Un sujet aussi délicat exige d'être au plus proche de la réalité tout en évitant de tomber dans l’écueil du simple documentaire, ou d’un drame social qui ne raconterait finalement qu’un fait divers. C'est en inversant le point de vue de l'histoire que j'ai pu mettre en exergue le suspense du quotidien. J'ai adopté une dramaturgie où nous suivons bien un « héros » : Antoine, mais du point de vue des différents obstacles qu'il doit surmonter pour arriver à ses fins : la juge, son fils et son ex-femme. Ainsi le spectateur vit en temps réel le doute de la juge, la pression subie par l'enfant et la terreur de la femme traquée."

Tension en provenance des bruits du quotidien

Jusqu’à la Garde est le premier long métrage de Xavier Legrand. Le metteur en scène a voulu qu'il n'y ait pas beaucoup de musique dans le film et que la tension provienne de l’utilisation des bruits du quotidien et de leur relief (l’écho dans un appartement, le clignotant d’une voiture, une horloge, une alarme, etc.). Il précise :

"J’y ai pensé très tôt, la dramaturgie sonore était déjà présente dans le scénario. Je ne cherche pas à faire basculer l’histoire dans un climat fantastique, mais à capter le bruissement d’une réalité anxiogène. Pareil pour la mise en scène, je n’ai pas cherché d’effets spectaculaires, mais plutôt la répétition des mêmes cadrages, dans les endroits qu’on visite plusieurs fois, pour créer un sentiment de familiarité, mais d’enfermement aussi, l’impression qu’on entre dans une spirale infernale."

x

 En poursuivant la navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour faciliter la navigation, améliorer l'ergonomie de certains services et réaliser des statistiques de fréquentation.