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Christian Babou

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Renseignements
  • Espace arts plastiques Madeleine Lambert

    Maison du Peuple
    12, rue Eugène-Peloux
    69200 Vénissieux

    tél. 04 72 50 89 10
    ou 04 72 21 44 44
    Ouvert du mercredi au samedi
    de 14h30 à 18h
    et sur rendez-vous
    Fermé les jours fériés

    artsplastiques@ville-venissieux.fr

 

David Post Kohler, "Noir Miroir"

Exposition du 14 mai au 9 juillet 2016

Vernissage le vendredi 13 mai à 18h30

Présentation 

Artiste voyageur, attentif à l’inhabituel, ouvert à l’accidentel et aux rencontres, David Posth-Kohler se déplace et observe en touriste autant qu’en ethnologue. Assimilant volontiers des techniques qui relèvent de l’artisanat local, il opère une synthèse stimulante entre des savoir-faire vernaculaires et les objets génériques de la mondialisation (sneakers, téléphones portables, cartes de crédit, sacs à dos, etc.)

Invité à Vénissieux, l’artiste propose de nouvelles installations et sculptures, produites essentiellement durant sa résidence à Moly-Sabata entre février et avril 2016. Quelques œuvres antérieures, emblématiques de sa méthode et réalisées au fil de ses voyages, jouent le rôle de « balises » dans l’exposition. C’est le cas de la paire de chaussures Air max en peau de chèvre, 2014, conçue à Dakar, ou d’une série récente de plateaux de fast-food peints, sur lesquels on peut lire le mot « demain » (mañana) inscrit suivant la technique des peintres en lettres de la Havane.

David Posth-Kohler convoque ainsi la culture dite « de masse » mais il détourne aussi des motifs baroques ou les décors architecturaux les plus élaborés. Il mêle le lointain et le proche, le manufacturé et l’artisanal, le fruit d’expériences personnelles et l’objet de consommation le plus policé. Dans l’exposition à l’Espace arts plastiques de Vénissieux, ses sculptures composites aux multiples références culturelles constituent une assemblée de « totems », placés sous un firmament artificiel conçu pour l’exposition : l’artiste investit aussi l’architecture et le plafond de la salle de 200m2.

Travaillant en collaboration avec les jardiniers de Vénissieux en charge des serres municipales, ou imprimant des images sur des supports en bois, ensuite retravaillés dans des installations, David Posth-Kohler crée à l’Espace arts plastiques Madeleine-Lambert une exposition-paysage,  une forêt de signes aux multiples résonnances et références.

L’artiste s’est également assuré la complicité du musicien Simon Drouhin, membre du collectif Kogumi, qui présente une création sonore dans l’exposition : un drone dont la tonalité monocorde enveloppe les œuvres de sa continuité incantatoire. Les fréquences qui composent ce son subissent des modulations au fil de la journée, sensibles aux diffusions radiophoniques environnantes, avec les ondes hertziennes qui composent notre paysage permanent invisible.

Le titre de l’exposition,l’oxymore « Noir miroir », est donc à entendre ici comme un indice : l’exposition ne serait pas un simple miroir - le reflet fidèle de notre société - mais davantage un corpus d’images et d’objets détournés ou déformés, qui renvoient simultanément à la complexité du monde et ses paradoxes. Le miroir noir était aussi, jusqu’au XIXème siècle, un instrument d’optique utilisé par les artistes. Obscurs et convexes, ils étaient prisés pour leur rendu des couleurs et de la lumière. Réputés restituer toute la picturalité contenue dans les objets, les ciels, la végétation, ils leur conféraient parfois aussi une « inquiétante étrangeté », comme en témoignait l’autre usage, occulte, de ces mêmes miroirs.

Xavier Jullien

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